Promis par le législateur à un développement devant
concourir à porter la part modale des modes non routiers à 25% en 2022, le fret
ferroviaire enregistre en France depuis 2000 une chute continue.
Ce déclin laisse les chargeurs partagés entre l’espérance
suscitée par la panoplie d’engagements annoncés par les pouvoirs publics dont
la traduction concrète offre peu de visibilité et la désillusion provoquée par
le rétrécissement de l’offre ferroviaire et les dysfonctionnements permanents
qui entachent la qualité du service offert.
Alors que Nathalie Kosciusko-Morizet et Thierry Mariani
s’apprêtent à réunir lundi 30 mai les parties prenantes du fret ferroviaire,
l’AUTF souhaite attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’impérieuse
nécessité d’enclencher un vrai plan d’actions concrètes et finançables.
1° Redéfinir les priorités de financement pour développer
le socle du fret ferroviaire
Sur la base des engagements, notamment financiers à
hauteur de 7 Mds €, pris par l’Etat en
septembre 2009 au titre de l’engagement national pour le fret ferroviaire et de
la loi sur la régulation ferroviaire de décembre 2009 sans doute n’est-il pas
trop tard pour redéfinir les priorités
de financement afin de préserver et de développer le socle du fret ferroviaire : les trafics conventionnels et le
transport combiné rail-route dont les conditions doivent être réunies pour
restaurer une pluralité de l’offre aujourd’hui menacée.
2° Mettre en place un schéma directeur multimodal fret
L’AUTF a proposé au Secrétaire d’Etat aux Transports de
créer un schéma directeur multimodal fret qui serait chargé d’identifier
et de phaser les mesures destinées à
augmenter la productivité des chaînes multimodales notamment en allégeant les contraintes et les coûts des
ruptures de charge et du « dernier kilomètre ». En raison de leur
compatibilité avec la géographie du territoire et les contingences de la
majorité des chargeurs, les logistiques multimodales constituent en effet le
principal gisement de « report modal ».
4° Améliorer l’information relative aux sillons par la mise en
place d’un service de réservation fléchée
Les informations
relatives à la robustesse et la qualité des sillons ainsi qu’aux
dysfonctionnements et anomalies du service qui sont transmises aux chargeurs
sont de qualité médiocre, leur contenu imprécis, leur délai de transmission
tardif et leur fiabilité douteuse.
Pour les industriels tenus à des
engagements commerciaux vis -à -vis de leurs clients et liés avec les
entreprises ferroviaires par des clauses de progrès, cette situation dirimante
conduit l’AUTF à demander la mise en
place d’un circuit d’information
structuré et certifié entre le gestionnaire de l’infrastructure, les
entreprises ferroviaires et les clients.
Tel qu’il est actuellement bâti, le processus de demande
et d'attribution des sillons constitue un frein à la mise en concurrence par le
chargeur de l’entreprise ferroviaire avec laquelle il est lié ou au